Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 22:12

Les étoiles influencent notre vie. Non, je n’ai pas décidé de laisser tomber la physique pour me mettre à l’astrologie. Il s’agit de la conclusion du dernier article du Danois Henrik Svensmark. Plus précisément, il a étudié l’influence de la mort d’étoiles massives sur le climat de la Terre et donc potentiellement sur la vie.

 

Car ce genre d’étoile monstrueuse, au moins huit fois la masse du Soleil, ne se cache pas pour mourir. Quand cela arrive, toute la galaxie est au courant ! Ce qui n’est pas le cas des petites étoiles, comme notre Soleil. Certes, dans leur vieillesse, elles peuvent passer par des phases boulimiques un peu envahissantes. Notre Soleil, dans à peu près 4,5 milliards d’années, grossira jusqu’à presque avaler la Terre. 

 

Rassurez-vous, bien avant cela, la température aura tellement augmenté que nous serons partis depuis longtemps. Après cet épisode, une fois une bonne partie de sa matière éjectée, le coeur du Soleil formera une naine blanche. Des voyageurs passant près de notre défunt Soleil à ce moment-là verraient à sa place un gros caillou de la taille de la Terre mais encore assez chaud pour émettre de la lumière, tel un tison chauffé à blanc. Cette naine blanche se refroidira alors très lentement jusqu’à s’éteindre complètement.

 

La fin violente des starsSig06-030

 

Les étoiles géantes, elles, sont comme nos plus grandes stars. Leur vie est courte mais spectaculaire et leur mort à couper le souffle. Etant très massives, la gravité en leur coeur est beaucoup plus importante que chez leurs consoeurs plus modestes. Et grosse voiture implique gros moteur et... consommation élevée ! Ces étoiles utilisent leur carburant, l’hydrogène, à toute vitesse. L’hydrogène est fusionné en hélium, puis l’hélium en éléments de plus en plus lourds, jusqu’au fer. 

 

Et déjà, la mort ! Ces monstres finissent leur vie en une explosion extraordinairement puissante, appelée supernova. L’étoile est alors à ce moment-là plus brillante qu’une galaxie toute entière. On pense qu’il s’en produit à peu près trois par siècle dans notre galaxie. Quand la prochaine aura lieu, vous pourrez la voir même en plein jour. 

A cet instant, d’autres éléments chimiques plus lourds que le fer sont créés, qui sont alors  dispersés dans toute la galaxie par l’explosion. L’or de vos bijoux vient des supernovae qui ont eu lieu dans le coin il y a quelques milliards d’années...  

 

Des étoiles à la Terre

 

Mais la supernova ne se contente pas d'offrir de magnifiques photos aux astronomes, elle génère aussi un intense déluge de particules, surtout des protons ou des noyaux d’hélium, qu’on appelle rayons cosmiques. Nous sommes en permanence traversés par ce genre de particules, bien qu’une partie d’entre elles soit repoussée par le champ magnétique du Soleil, puis par celui de la Terre. En cas de supernova, la quantité de rayons cosmiques reçus sur Terre augmente sensiblement.

 

Dans son dernier article, Svensmark a observé une forte corrélation entre la quantité de rayons cosmiques reçus sur Terre et les variations du climat et de la biodiversité, sur les 500 derniers millions d’années. Pour appuyer son hypothèse, il a d’abord calculé la variation de la quantité de rayons cosmiques sur cette période, en estimant le nombre de supernovae ayant lieu eu à proximité du système solaire. Puis il a comparé ces variations à celles du climat et de la biodiversité.

 

sig09-009 SmUne pluie cosmique bénéfique à la vie ?

 

Voici son scénario : La pluie de particules en provenance de l’étoile mourante interagit avec les molécules de l’atmosphère et favorise la formation de petites poussières sur lesquelles se forment des gouttelettes d’eau, constituant des nuages bas. Ces nuages provoquent alors un refroidissement rapide du climat car une plus grande partie de la lumière du Soleil est renvoyée vers l’espace. Ce court épisode glaciaire entraînerait une baisse du niveau de la mer, engendrant une érosion accrue des terres découvertes. Les traces de ces événements sont encore aujourd’hui observables et ont servi de base au travail de Svensmark.

 

Mais les conséquences pour les êtres vivants de l’ensemble de la Terre seraient plutôt paradoxales : cette période froide mettraient les espèces dominantes en difficulté, favorisant d’autres espèces, les poussant toutes à évoluer. Les habitats, des pôles à l’équateur, seraient aussi plus variés dans ce cas. La biodiversité augmenterait. A l’inverse, une période chaude entraînerait une baisse de la biodiversité car la planète étant plus facile à vivre, l’évolution ne serait alors pas encouragée. 

 

Le travail de Svensmark pourrait fournir le premier lien entre la quantité de rayons cosmiques reçus et le climat terrestre. Les supernovae ayant eu lieu à proximité du système solaire expliqueraient alors des épisodes de baisse rapide du niveau de la mer, dont l’origine était restée floue jusqu’à aujourd’hui. Comme le dit l’auteur lui-même, les modélisations sont encore à améliorer et les indices géologiques sont bien sûr plus incertains à mesure que l’on remonte loin dans le passé. Mais c’est une première étape dans notre compréhension des relations entre la Terre et son environnement galactique.

 

Ainsi les supernovae pourraient ponctuer et modifier l’évolution du vivant. Nous sommes constitués de poussières d’étoiles, mais plus encore, il est probable que l’histoire de la galaxie s’inscrive dans celle de la vie. 



 

Les images 

- La nébuleuse N49 est constituée du gaz expulsé durant l’explosion d’une supernova, appelé rémanent (Courtesy NASA/JPL-Caltech)

- La nébuleuse du Crabe. (Courtesy NASA/JPL-Caltech)

 

 

Pour aller plus loin 

- L'article original (en anglais) : ftp://ftp2.space.dtu.dk/pub/Svensmark/MNRAS_Svensmark2012.pdf

- Autres images de rémanents de supernovae : 

http://www.spitzer.caltech.edu/search/image_set/20?by_subject=nebula.1.4&by_type=astronomical&tabs=hidden

- Une magnifique animation interactive : De l’univers à l’intérieur des atomes http://htwins.net/scale2/


 

Par physiqueetchocolat - Publié dans : Astrophysique
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 17:12

« Pour vos vacances, choisissez Tatooine ! La planète aux deux soleils, pour bronzer plus longtemps ! » Un jour nous explorerons dʼautres systèmes stellaires, dans lesquels nous rechercherons des planètes habitables. De lʼeau liquide, une température digne de Miami et la végétation dʼAvatar, cʼest peut-être beaucoup demandé mais le bestiaire des exoplanètes (planètes hors du système solaire) sʼagrandit de jour en jour. Il compte plus de 700 membres confirmés et des milliers de candidates à vérifier, seulement dix-sept ans après la première exoplanète découverte.

 

Il sʼenrichit de planètes hostiles mais aussi de mondes ressemblant à notre Terre. Parmi les dernières découvertes, il y a celles qui ont plusieurs soleils, nous rappelant la planète de Luke Skywalker de la Guerre des étoiles. Dʼautres encore, découvertes récemment, sont minuscules et brûlantes car très proches de leur soleil. Une année sur ces planètes, cʼest-à-dire le temps mis pour faire un tour autour de leur étoile, dure seulement quelques jours.

 

UpsilonAndromedae_D_moons.jpg

Des planètes plus nombreuses que les étoiles


De nombreuses exoplanètes ont été découvertes par le satellite Kepler, lancé en 2009, spécialement conçu pour trouver des planètes ressemblant à la Terre.

 

Pour détecter ces planètes, la méthode est très simple : cʼest le principe de lʼéclipse. Quand une planète passe entre son étoile et nous, la lumière émise par lʼétoile sʼaffaiblit légèrement et on peut alors en déduire les caractéristiques de la planète, comme sa masse et son rayon. Intuitivement on peut comprendre quʼune grosse planète masquera plus la lumière quʼune petite.

 

Dans les premières années de la recherche dʼexoplanètes, seules les plus grosses étaient découvertes car ce sont les plus faciles à détecter. Mais petit à petit, des planètes de plus en plus petites et ressemblantes à la Terre sont aperçues et avec elles, notre compréhension des systèmes planétaires sʼaméliore sans cesse.

 

En quelques années nous sommes passés de lʼidée que notre planète était rare à la conviction que la plupart des étoiles de notre galaxie héberge au moins une planète, ce qui représente plus de 160 milliards de planètes ! La prochaine fois que vous admirerez la Voie Lactée, imaginez quʼil y a probablement deux fois plus de planètes invisibles à nos yeux que dʼétoiles.

 

La première planète habitable découverte


Ces planètes représentent tout autant de mondes habitables potentiels. Justement, un des derniers exploits du satellite Kepler, est la confirmation en décembre dernier, de lʼexistence dʼune exoplanète, appelée Kepler 22-b, de taille comparable à celle de la Terre et située dans la «zone habitable».

 

Cʼest-à-dire quʼelle est située à bonne distance de son étoile, ni trop loin, ni trop près, permettant lʼexistence de lʼeau sous forme liquide. Cette planète forme donc à priori un milieu favorable à la vie, en supposant que la vie se développe de la même façon que sur Terre. Elle est à peu près deux fois plus grosse que la Terre et la température moyenne à sa surface est plutôt agréable, estimée par le calcul à 22°.

  Capture-d-ecran-2012-02-09-a-17.34.26.png

Par contre, attendez un peu pour investir dans une station balnéaire, il faut encore confirmer que la planète a bien une atmosphère, car sans elle la température nʼatteindrait quʼun modeste -11°. Restent aussi quelques petits détails : confirmer que la planète est rocheuse et non pas gazeuse comme Jupiter et bien sûr trouver un moyen «rapide» de sʼy rendre, Kepler 22-b se situant quand même à 620 années lumière de nous (voir encart)...

 

Vers la première planète habitée ?


Ces découvertes apportent des arguments au célèbre paradoxe de Fermi, proposé par le physicien du même nom dans les années 30. Il est souvent résumé par la question «Where is everybody ?» (Où est tout le monde ?).

 

Le problème est le suivant : la probabilité de voir naître une civilisation évoluée sur une planète est extrêmement faible, mais le nombre de planètes est tellement gigantesque que cela devrait sʼêtre produit. Alors pourquoi nʼavons nous eu encore aucun contact avec eux ? Maintenant que nous savons que lʼunivers foisonne de planètes, cette petite question revient nous taquiner..

 Kepler-22b_System_Diagram.jpg

Pour aller plus loin


Par physiqueetchocolat - Publié dans : Astrophysique
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 12:04

Sur certains problèmes, les physiciens peuvent juste déclarer «Nous savons que nous ne savons rien». Cʼest le cas de la matière et de lʼénergie noires. Additionnez vos voisins à tous les êtres vivants, à la Terre, aux autres planètes, rajoutez toutes les étoiles de lʼunivers et là vous obtenez... seulement 5% de la masse de lʼunivers ! Un peu décevant. En effet les physiciens pensent que tout le reste est composé de matière et dʼénergie dites «noires» ou «sombres». Une autre façon de dire quʼon ne sait strictement rien à leur propos !

 

Mais nous sommes peut-être à lʼaube dʼun changement profond dans notre vision de lʼunivers, ces derniers mois ont été fertiles : des chercheurs européens ont annoncé avoir observé 67 particules de matière noire et, dʼautre part, une publication américaine a présenté une façon simple et révolutionnaire de détecter cette matière furtive.

 

Les mauviettes à la rescousse


Les physiciens ont de nombreuses preuves que la matière noire existe, la plupart venant de lʼobservation du mouvement des galaxies. Pourtant, ils nʼont que des hypothèses sur sa nature. Une petite part pourrait être constituée dʼétoiles ratées qui nʼémettraient presque pas de lumière. Mais le candidat chéri des physiciens est le WIMP (Weakly Interacting Massive Particle), ce qui veut dire en anglais «mauviette». La raison de ce nom peu flatteur vient du fait que cette particule nʼinteragit presque pas avec la matière habituelle (celle que lʼon peut voir). Dʼoù la très grande difficulté de les observer, car nos détecteurs sont bien sûr constitués de matière ordinaire. Cʼest un peu comme si vous vous serviez dʼune passoire plongée dans une rivière pour remplir un bol, vous allez y arriver, mais très lentement !

 

Des physiciens motivés ont alors construit un détecteur, appelé CRESST-II, à 1400 m sous la chaîne de montagnes des Appenins en Italie. Cette immense quantité de roche joue le rôle de filtre en arrêtant les particules plus légères quʼon ne souhaite pas détecter. Il aura fallu deux ans pour mesurer seulement 67 «traces» de ces supposées WIMPS. Cʼest une étape importante dans lʼétude de la matière noire mais du travail reste à faire avant la véritable annonce dʼune découverte. Car les résultats dʼautres chercheurs à travers le monde ne sont pas univoques : certains sont en accord avec le groupe du CRESST, mais dʼautres ont trouvé des WIMPS aux caractéristques différentes, ou bien pas de WIMPS du tout...

 

Une rencontre cosmique


Mais si on voyait plus grand ? Quittons nos montagnes pour lʼespace. Des milliards de milliards dʼétoiles. Parmi elles, tapis dans lʼombre, pourraient se cacher des trous noirs primordiaux. Pas le genre monstre géant et affamé comme celui qui réside au milieu de notre galaxie, mais plutôt le genre nabot essouflé. Ces trous noirs se seraient formés peu après la naissance de lʼunivers et seraient tout petits mais suffisamment massifs pour être de bons candidats à la matière noire. Ilsinteragissent aussi très peu avec leur environnement et sont donc difficiles à voir sauf... sʼils traversent une étoile !

600px-BH_LMC.png

Cʼest lʼidée quʼont eu des chercheurs américains. Car lʼeffet de cette petite boule de matière ultra concentrée passant à travers une étoile ou même simplement à proximité serait observable car lʼétoile serait alors légèrement déformée. Lʼun des chercheurs résume ainsi : «Si vous tapotez du doigt un ballon rempli dʼeau, les ondulations de lʼeau à lʼintérieur sont similaires à ce qui se passerait à la surface de lʼétoile.» Vous pouvez voir sur ces vidéos les simulations par ordinateur réalisées par lʼéquipe :

 

http://www.princeton.edu/~hanasoge/vr.2.MT.mpg

http://www.princeton.edu/%7Ehanasoge/vr.2.SS.mpg

 

Une part du génie de cette idée vient aussi de son coût : presque nul ! En effet, de nombreux satellites sont déjà en train dʼobserver un grand nombre dʼétoiles, il nʼy a quʼà analyser leur observations pour chercher des traces de ces petits monstres. Et alors, peut-être, saura-t-on qui, des nabots ou des mauviettes, sont les sources de la matière noire. Ou si ce ne sont ni l'un ni l'autre, ou les deux..

 

 

Pour aller plus loin :

 

  • Le lien vers le site de lʼuniversité de Princeton (pour les trous noirs primordiaux) :

 http:// www.princeton.edu/main/news/archive/S31/64/44M13/index.xml?section=topstories

  • Un article plus détaillé sur la détection des WIMPS : 

http://www.sciencenews.org/view/ generic/id/334275/title/Hints_of_dark_matter_reported%2C_again

  • Pour toutes vos questions sur lʼastronomie, lʼexcellent site (sans mathématiques !) : 

www.astronomes.com

 

Par physiqueetchocolat - Publié dans : Astrophysique
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 11:23

Quand on me demande ce que j’étudie et que je réponds « la physique », généralement les gens me regardent l’air franchement effaré. Ils ont en général du mal à imaginer ce que peut être une journée de physicien. C’est assez normal. Vous avez sûrement l’impression que le monde de la physique ne vous concerne pas franchement. C’est sûr que si je vous raconte qu’il y a des types dans le sous-sol de la frontière suisse qui font des collisions de quarks et de gluons, au mieux vous allez me demander si ça se mange, au pire vous allez vous dire qu’on devrait investir dans d’autres choses plus importantes. Et je comprends très bien.

 

Mais en réalité, la recherche scientifique est intimement liée à notre vie quotidienne. Sans l’électromagnétisme, pas de grille-pain, d’ampoule électrique, d’aspirateur... Sans hydrodynamique, pas d’avions. Sans la relativité, pas de communication par satellite. Sans compréhension de la radioactivité, pas de radiothérapie. La liste est très longue.

 

Vue des particules produites lors d'une collision entre deux faisceaux d'ions d'or au Brookhaven National Laboratory

Et dans cet article j’aimerais parler du LHC (en français : grand collisionneur de hadrons), qui est sans aucun doute la plus grande expérience scientifique de tous les temps, par ses dimensions, son coût et le nombre de personnes impliquées. C’est la plus grande machine jamais construite par l’homme, un anneau creux, à peu près aussi long que le périphérique parisien, enterré près de Genève. Cette taille gigantesque est nécessaire pour pouvoir accélérer des protons ou des ions (voir plus bas pour la définition) jusqu’à quasiment la vitesse de la lumière et ensuite de les faire se percuter dans une collision très violente.

 

Mais pourquoi font-ils cela ? Ces petits grains de matières que sont les protons sont en réalité composés d’autres grains encore plus petits et le seul moyen de les « voir » c’est d’écraser violemment les protons. Si vous voulez savoir comment est faite une orange et que vous n’avez pas de couteau, vous pouvez tout simplement l’écraser et vous voyez alors apparaître ses composantes : la pulpe, le jus, les pépins. Ici ces composantes portent les jolis noms de quarks et de gluons.

 

Ces expériences apporteront de nombreuses informations sur l’antimatière, la matière noire, l’existence de particules inconnues et aussi sur la jeunesse de l’univers. En effet, les conditions de température et de pression qui seront bientôt atteintes au LHC sont proches de celles de l’univers à ses débuts. L’observation de ces collisions équivaut alors à regarder l’univers tel qu’il était il y a 14 milliards d’années !

 

Une montagne d'informations à traiter

 

Mais je vous avais promis du concret et le voilà. En ce moment au LHC les physiciens réalisent à peu près 600 millions de collisions par seconde. De ces collisions jaillissent un très grand nombre de particules. Ces observations sont transformées en données numériques, ce qui représente une quantité faramineuse de données, l’équivalent de 15 millions de CDs par an ! Un seul centre de calcul n’aurait jamais suffi à traiter toutes ces données, l’idée est donc de répartir cette charge sur un réseau mondial d’ordinateurs, appelé la grille (traduction de l’anglais the grid).

 

Cette grille permet un échange d’informations, comme le réseau web, mais en plus, et c’est le plus important, elle permet une mise en commun de la puissance et de la capacité de stockage de chaque ordinateur du réseau. Si vous avez un travail à faire, mais pas assez de ressources sur votre propre ordinateur, vous pouvez envoyer votre requête à un ordinateur gestionnaire, qui va trouver à quel endroit sur la planète des ordinateurs sont disponibles pour faire votre travail le plus vite possible.

 

Des applications pour nous, demain

 

Et cette technologie est déjà utilisée ailleurs qu’au LHC, elle permet par exemple d’accélérer les prévisions par modélisation des inondations ou de l’activité des volcans, la recherche sur de nouveaux médicaments. Encore plus concrètement, elle permet une aide au diagnostic médical avec une analyse plus rapide des images médicales ou une comparaison automatique avec des archives, permettant de trouver des cas similaires. Tous les domaines de recherche bénéficiront de cette technologie et donc tous les citoyens.

 

Aujourd’hui ces grilles sont encore séparées les unes des autres et réservées à des organismes scientifiques, mais les plus ambitieux imaginent déjà une grille mondiale à la disposition de chacun. Cette histoire rappelle celle du web, inventé en 1989 par des scientifiques du CERN, pour pouvoir partager plus facilement des données, juste entre scientifiques bien sûr... La physique d’aujourd’hui continue de faire les révolutions technologiques de demain.

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Par Sarah Fechtenbaum - Publié dans : Physique des particules
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